A Diego, 11 ans, fils de ma copine Lulu :
« Mon book d’artiste » chez Nathan
… Parce que je n’ai pas la moindre idée de ce qui est à la mode chez les préados en 2011 et que je m’en contrefous. Parce que si Dora la tentatrice et autres Pikatchu’s ne font que passer, Diego finira bien par entendre parler de Mona Lisa un jour ou l’autre (en tous cas je le lui souhaite). Et que c’est quand même bien plus facile de le faire lâcher sa mère 5 minutes en lui demandant de dessiner ce qu’il y a dans ses poches (ou encore le sourire de la Joconde avec les conseils de Leonard en personne), plutôt que de lui tendre un vieil emballage de chewing-gum qui traine au fond de mon sac et un morceau de crayon piqué chez Ikéa en lui disant : « Vas-y mon grand, dessine-nous quelque chose… Comment ça, QUOI ? Ben dessine ce que tu veux, tiens ! Non mais ces gosses… Aucune imagination !» Et qui sait, plus tard, quand il exposera au MOMA, il aura peut-être une petite pensée pour sa vieille tata qui, la première, l’aura initié à l’art… (et sinon je ne m’en ferai pas ; les enfants sont ingrats c’est bien connu) ISBN: 978-2092535325
A Lulu, 33 ans, mère de Diégo 11 ans, Charline 2 ans, et accessoirement copine de moi :
« Be burlesque » aux éditions du Chêne

… Parce que depuis qu’elle s’est remise à pouponner, Lulu a un peu tendance à oublier qu’à l’époque, Dita Von Teese se baignant dans un verre à cocktail, c’était sœur Emmanuelle à côté de Lulu en mode Tequila. Parce qu’il serait temps de re-troquer ses soutiens-gorges d’allaitement pour des nippies à pompons et sa crème anti-vergeture pour un gloss corporel pailleté au champagne. Le premier ouvrage en français sur ce grand art qu’est le burlesque, à savoir celui d’apprivoiser son corps, quel qu’il soit, pour le rendre pinupesque à tous les coups. Codes du genre, portraits des plus grandes effeuilleuses… et adresses des écoles de formation. On parie nos bas résilles que son Jules nous remerciera autrement qu’en nous fusillant du regard dès qu’on lui suggère de laisser les gamins au papa pour sortir se trémousser sur Britney ? ISBN: 978-2851200983
A Jules, 31 ans, père de Diégo 11 ans, Charline 2 ans, et accessoirement mec de Lulu :
« 669 gages érotiques » à La Musardine

… Parce qu’il serait temps qu’il comprenne, le pauvre, que ce n’est pas avec un pauvre regard de chien battu et une claque sur les fesses que Lulu va reprendre du cœur à l’ouvrage (eh oui, Jules, les filles, CA PARLE !). Ces petites saynettes érotiques, pimentées par niveau (et.. heu…pas piquées des vers, hein ! Rien à voir avec du Barry White et une plume de cygne…) leur permettront, sans aucun doute, de récupérer une franche complicité si ce n’est une sexualité luxuriante. Car si on ne se marre pas en « répondant au téléphone ou à sa mère tout en se faisant prendre sauvagement par son partenaire sans rien en laisser paraître », eh bien franchement, où va le couple, je vous le demande ? Et puis surtout, ça m’évitera de lui offrir une énième bouteille de whisky alors qu’il pointe aux AA depuis 6 ans et que tout le monde le sait, sauf moi. Enfin si, mais j’avais oublié, jusqu’à ce que mon meilleur pote hausse les yeux au ciel pour la huitième fois consécutive. Lui et les 12 convives présents. Grand moment de solitude. ISBN 978-2842714475
A Jonas, 30 ans, meilleur ami de moi, et accessoirement opticien. Ou ophtalmo ? Bonne question… :
« Cahier de griffonnages au téléphone » chez Fetjaine

… Parce que le pauvre, à m’écouter me plaindre au téléphone au moins une heure tous les soirs, a une patience de dingue. Ou alors il en profite pour consulter ses mails, le fourbe. Dans le doute, je prends soin de l’occuper avec des gribouillages ébauchés et qui ne demandent qu’à être artistiquement achevés tout en gardant une oreille attentive à des problématiques nettement plus essentielles telles que : « Comment je fais pour me débarrasser gentiment d’un « trois rencards » qui commence à devenir collant ?… Mais si tu sais bien, ça t’arrive tout le temps, à toi. Alors elles te disent quoi, les filles, dans ces cas-là ?… Allo ? Allo ? Jonas ? Tu m’entends ? Qu’est-ce tu fais ? Tu griffonnes dans ton cahier, c’est ça ? Allo ?… » ISBN: 978-2354251765
A Samuel, âge inconnu et je m’en fous, alias « trois rencards et saoulant » :
« Mes bases essentielles en cuisine » chez Baches

… Parce que quitte à rompre, autant lui rendre service. Et lui faire prendre conscience qu’un homme, un vrai, ça prépare d’une main une mayonnaise en me pétrissant les seins, ça sait qu’un roux ce n’est pas uniquement un type qui a souffert dans son enfance, ça reconnaît une pièce de viande au premier regard et ça te poche un œuf sans te quitter des yeux. En bref, un homme, s’il a les yeux qui frisent quand tu lui demandes ce qui différencie une sauce béchamel d’une hollandaise, il peut retourner jouer à la Wii avec son coloc le vendredi soir. Et le samedi… Et le dimanche. ISBN: 978-2357521179
A Félicien, 22 ans, 1 mois et 3 jours, colocataire de Félicien et surement mannequin de fesses :
« Le dictionnaire des mots du sexe » chez JC Gawsewitch éditeur

… Parce que tant qu’à faire, pendant que Samuel s’acharne à trancher les échalotes dans le bon sens, j’en profiterais bien pour apprendre quelques-unes de ces expressions et citations entendues en coulisses, au cirque ou en prison en compagnie de ce colocataire sexy. Et qu’importe s’il a l’âge d’être le petit frère de mon amie Jeanne (et que c’est le cas, d’ailleurs), s’il ignore encore la définition de « baiser à la florentine », de « ne pas avoir un scoubidou de sous-officier de réserve » ou encore de « soutirer au caramel », je veux bien me dévouer pour lui expliquer. Ou encore mieux, lui montrer. J’ai toujours été pro-éducation, contrairement à ce qu’ont toujours prétendu mes bulletins et ma pauvre mère… ISBN: 978-2353150793
A ma pauvre mère, 63 ans, convaincue que les femmes ont un cerveau plus petit que celui des hommes, en général :
« Les femmes qui lisent sont dangereuses » chez Flammarion

… Parce que pendant des siècles les hommes ont tenu les femmes à l’écart de l’éducation et des livres en général, sous prétexte qu’elles risquaient de ne pas comprendre et de mal interpréter les écrits et de s’en servir contre l’humanité, à savoir, eux, les hommes. Cet ouvrage magnifique présente au travers de l’histoire de l’art et de peintures plus suaves les unes que les autres le rapport des femmes à l’objet-livre et ce qu’il contient. De quoi la changer de ses longues conversations en tête-à-tête avec Dieu. ISBN-13: 978-2080115720
A Dieu, quelques millions d’années et des poussières, soi-disant détenteur ultime du bien et du mal :
« Sade up » aux éditions du Rouergue

… Parce que faire rougir Dieu est sans aucun doute le plus grand fantasme de tous les libertins de ce monde. Ce livre animé qui n’a rien d’un ouvrage pour enfants de chœur propose dix tableaux à manipuler sans aucune modération (mais avec beaucoup de délicatesse). Et si Dieu existe, je donnerais sans hésiter un de mes reins au plus offrant pour voir sa tête lorsqu’il découvrira le troisième d’entre eux. Je finirai en enfer, cela va sans dire. Qu’à cela ne tienne, j’y retrouverai certainement la plupart des gens intéressants qui sont passés par cette planète… ISBN-13: 978-2812600395
… Et si comme l’auteur de cet article vous n’avez aucune copine qui s’appelle Lulu, que votre mec cuisine divinement bien et que votre mère vous a appris les dix règles de base du féminisme alors que vous n’aviez pas quitté la maternité, un seul conseil : Offrez ces 8 bouquins à vous-même, au moins vous êtes certain de (vous) faire plaisir. Il ne vous restera plus qu’à bricoler des « carnets de bons » à l’intention des membres de votre famille : « Bon pour nettoyer ta voiture » « Bon pour préparer le petit-déjeuner au lit » « Bon pour du baby-sitting » « Bon pour des trucs porno dans un placard du musée » « Bon pour que j’arrête de tirer la gueule instantanément » « Bon pour regarder avec toi l’intégrale de Plus Belle La Vie »… Comment ça, c’est pénible ? Bah, la plupart du temps ils finissent dans un tiroir le 24 Décembre au soir et n’en ressortent que rarement. Et heu…oui, « rarement », en effet, c’est déjà trop souvent…

